Le dernier voyage, au Burkina Faso, organisé par
VIVAVI a eu lieu du 30 juillet au 13 août 2011, pour un groupe bien peu nombreux (5 personnes) mais bien déterminé à vivre pleinement cette expérience unique qui s’offre à
eux..
Faanda, Tunda, loojuo...(
bonjour,)
Dire qu’un périple en Afrique dépayse est un euphémisme. Une telle expérience vous bouscule
jusqu’au plus profond de votre âme. De votre âme, très précisément, car le concept de VIVAVI est de
vous donner l’opportunité de rencontrer l’homme
africain.
Dit ainsi, cela semble très présomptueux, une marque de forfanterie même, et
pourtant !
Arrivés à Ouagadougou le 30 au soir, dans une capitale de plus d’un million d’âmes, nous
avons été très vite bousculés par la réalité africaine. Rien de ce qui nous semble « habituel» n’est ici présent. Les rues, les hommes, les
femmes, les couleurs, les odeurs, tout change. Le lendemain, nous nous rendons à la gare routière où nous empruntons, dieu merci, un autocar
pour les autochtones. Nous voici donc, avec des familles africaines rejoignant à l’Est leur famille ou leurs amis, engagés pour un périple de plus
de 200 Km de « goudron » car nous roulons sur la seule route asphaltée.
Au bout du trajet, c’est Fada qui nous reçoit. Quand je dis Fada, je veux dire la communauté
Gourmantché, qui nous accueille avec de la musique, des chants, et un discours de bienvenue prononcé par un ancien, témoin de cette culture
pluriséculaire qui ne veut pas mourir, et qui a décidé de se prendre en main pour survivre dans le monde moderne. Nous partirons de la ville de Fada bientôt pour rejoindre le village de Komangou.
Les villageois se presseront tous là pour nous accueillir et nous faire partager et vivre « la vie au village ». VIVAVI. Avec eux nous irons aux champs, la daba sur l’épaule, leur donner un coup de main; nous constaterons comment la réalisation d’une minoterie,
sommaire, a pu changer la vie des villageois ; puis, nous analyserons, ensemble, les avantages que leur procure aujourd’hui le forage du puits.
De retour à Fada et dans ses environs, nous allons faire une sorte de pèlerinage pour
découvrir, comprendre et apprécier la religion animiste. Les autels, les dieux, les ancêtres, tout cela se bouscule dans nos têtes d’occidentaux pour aboutir à une nouvelle (pour nous), mais ô
combien ancienne, appréhension du surnaturel, pourquoi pas de notre cheminement personnel vers Dieu.
Plus tard, le programme de VIVAVI va nous conduire auprès d’un campement Peul. Les Peuls
sont un peuple éleveur, donc nomade, pas toujours très bien vu des sédentaires africains que, parfois, par leurs pratiques, ils dérangent. Pourtant,
là plus qu’ailleurs, les images du paradis nous reviennent en mémoire. Les enfants heureux, exubérants, nous entourent de leur affection. Nous
partons avec eux à la corvée de bois pour faire le feu du soir. Au détour d’un chemin, une petite peulote, en courant, fait s’envoler des dizaines de papillons multicolores. Le soir, une sorte
d’agitation fébrile s’empare du campement, lorsque les troupeaux de bœufs, de chèvres et de brebis reviennent avec les hommes, que jusqu’ici nous n’avions pas vus. Il y a des meuglements, des
bêlements, des cris et des rires qui accueillent le retour des pâtres. Après le repas et la veillée, les femmes et enfants peuls nous disent qu’ils veulent chanter et danser pour nous. A minuit,
sous la lune presque pleine, elles jouent d’un instrument sommaire une calebasse retournée dans une plus grande calebasse pleine d’eau. La musique semble répétitive, mais les chants sont
mélodieux. Bien que nous ne parlions pas le fulfulde, nous nous apercevons aisément que les paroles changent à chacune des chansons exprimées avec
cœur par ces petites danseuses transportées par leur chant. La nuit se prolonge. La magie qui opère nous fait oublier notre sommeil. Les hommes du village nous rejoignent, enfin. On peut
échanger, un peu, à l’aide d’interprètes gourmantchés. Le lendemain matin, alors que nous nous éveillions sous le baobab où nous avions passé la nuit, un vautour fond sur les canaris qui, par centaines, fuient la cime du baobab pour se répandre en nuées jaunes sur tous les arbrisseaux environnants. Ce n’est sans
doute pas le paradis, mais cela lui ressemble beaucoup.
Emerveillés par tant de beauté nous quittons, à regret, nos hôtes peuls. Mais les
gourmantchés qui nous accueillent à notre retour à Fada nous donnent à leur tour toute l’attention, la générosité, et la bienveillance dont les
africains sont coutumiers.
Nous sommes conquis et enthousiastes de les rejoindre et poursuivre notre
voyage.
Nous allons voir des sculpteurs, des cordonniers, des peintres...Nous allons rencontrer des
acteurs engagés dans les efforts nécessaires pour l’avenir du Burkina Faso (Radio, Formation des maîtres, Alphabétisation, Sauvegarde de l’enfance,
Développement de nouvelles pratiques agricoles...). Et, pour finir, on ira voir de très près des crocodiles, mais cela c’est la surprise, on ne vous
le racontera pas. Venez et voyez.
A nos amis africains : Tuon tuonli boncianla (merci,)
A vous lecteurs : Sé li pugini. (au revoir,)